Déconstruire les mythes, regarder en face l’hypocrisie de la clandestinité et libérer les consciences sont des étapes indispensables pour briser définitivement les chaînes du passé. Face aux inepties culturelles, la vérité historique, religieuse et scientifique démontre l’aberration totale de ces pratiques.

Décryptage : circoncision masculine versus excision
Sur le plan de la santé publique, l’OMS souligne que la circoncision masculine réduit le risque de transmission hétérosexuelle du VIH de la femme à l’homme d’environ 60 %, diminue les infections sexuellement transmissibles et prévient les inflammations locales. Dans la tradition islamique (la Sunnah), elle constitue une tradition prophétique ancrée, perpétuant l’héritage du prophète Abraham, Ibrahim (paix sur lui) et s’inscrivant parmi les actes de la Fitra (hygiène et nature saine).
2. La déconstruction des mythes et des inepties autour de l’excision
L’argument de la préservation de la virginité s’effondre face à la réalité démographique : l’excision touche des tranches d’âge allant de 1 an à 49 ans, y compris des femmes mariées. Interroger les aînées au Mali ou en Guinée révèle le vide total de justification rationnelle, se résumant à un dogme aveugle perpétué par habitude culturelle.
Quant à l’idée aberrante selon laquelle les bébés naîtraient inachevés et nécessiteraient l’intervention de l’homme pour « terminer » l’œuvre de la création, elle contredit frontalement l’islam, qui enseigne la perfection divine. Les textes rappellent que la législation islamique est complète et que l’injustice ou la modification destructrice du corps est formellement condamnée :
« Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion, et complété sur vous Mon bienfait… » (Sourate Al-Ma’idah, verset 3)
« …et je leur commanderai, et ils altéreront la création d’Allah. » (Sourate An-Nisa, verset 119)
« Ô Mes serviteurs ! Je me suis interdit l’injustice à Moi-même, et Je l’ai interdite entre vous… » (Hadith qudsi)
L’hypocrisie de la clandestinité : si c’était un bien, pourquoi se cacher ?
La circoncision masculine a pignon sur rue et est encadrée par la médecine moderne. À l’inverse, l’excision relève d’une pratique occulte, honteuse et clandestine, pratiquée dans les bois ou dans les baignoires lors de vacances « piégées ». Si cette mutilation était réellement un bienfait, pourquoi l’OMS atteste-t-elle son absence totale de bénéfice médical, et pourquoi n’est-elle pas pratiquée au grand jour dans les hôpitaux ? À ce titre, le hadith rapporté par Abou Dawoud (n° 5271) enjoignant de ne pas aller jusqu’à l’excès (La tanheki) témoigne précisément d’une volonté prophétique de limiter et de freiner un usage culturel préexistant pour éviter la mutilation destructrice, et non de l’encourager.
Les conséquences désastreuses : un impact physique et obstétrical dramatique
Loin d’être un simple rite anodin ou cosmétique, les mutilations sexuelles féminines engendrent des traumatismes corporels et mentaux profonds, immédiats ou durables, qui brisent la santé des femmes tout au long de leur vie.
1. Les complications immédiates (lors de l’intervention)
- Le risque vital immédiat : L’acte étant le plus souvent pratiqué dans des conditions rudimentaires, sans anesthésie ni matériel stérile, il expose la fillette à un choc hémorragique sévère pouvant entraîner la mort.
- Les infections aiguës : Des risques élevés de choc traumatique, de tétanos, de septicémie et de transmissions d’infections graves menacent directement la vie des patientes.
2. Les complications chroniques et urologiques
- L’incontinence et les douleurs : Les lésions des tissus et des sphincters provoquent des fuites urinaires et fécales persistantes, ainsi que des infections urinaires chroniques et récurrentes.
- Les séquelles anatomiques : La formation de cicatrices hypertrophiques, de chéloïdes, de kystes et de douleurs intimes chroniques (notamment des dyspareunies sévères) empoisonne durablement l’intégrité physique de la femme.
3. Le drame obstétrical et la mortalité maternelle
- L’obstruction à l’accouchement : En raison des tissus cicatriciels rigides (particulièrement en cas d’infibulation ou de type 3), l’expulsion du bébé est entravée, provoquant une obstruction mécanique majeure.
- La surmortalité maternelle et fœtale : Ces complications entraînent des hémorragies post-partum massives, des déchirures périnéales gravissimes, une souffrance fœtale aiguë et, trop souvent, la mort de la mère et/ou de l’enfant lors de la mise au monde.
L’hypocrisie du silence masculin et la complicité du patriarcat
On renvoie trop souvent l’excision à une « chose de femmes », une affaire de vieilles tantes ou de traditions féminines se déroulant dans l’ombre des villages, comme si les hommes n’y étaient pour rien. C’est un mensonge. S’il y a excision, c’est bien parce qu’un système patriarcal exige et valide ce formatage du corps des femmes, attendant le produit fini — la soumission, le contrôle, l’aseptisation de la sexualité féminine — tout en se lavant les mains de la boucherie nécessaire pour y parvenir.
Ce silence assourdissant des hommes instruits, des intellectuels, des étudiants en sciences et, pire encore, des autorités religieuses et des imams, est un scandale moral. Quand certains se contentent de balayer la question en la qualifiant pudiquement de « simple tribalisme », c’est une immense lâcheté intellectuelle et spirituelle. Ça va effectivement bien au-delà du tribalisme : c’est une violence structurelle où l’omerta masculine protège un statu quo patriarcal. Voir des hommes éduqués ou des savants se taire ou banaliser l’horreur, alors même que les textes religieux qu’ils brandissent par ailleurs exigent la protection de la vie et l’intégrité de la création divine, montre à quel point le privilège patriarcal a anesthésié les consciences.
L’éveil des consciences, la protection de nos filles et l’engagement
Jadis, les femmes étaient maintenues dans l’illettrisme et l’ignorance, suivant aveuglement les diktats patriarcaux. Mais aujourd’hui, les femmes sont éduquées, instruites et capables de décrypter les textes et les faits. Qu’est-ce qui pousse encore des femmes éduquées à céder face à des hommes ignorants ?
Il est temps de briser définitivement cette chaîne de soumission. Éduquez vos filles. Protégez-les en leur enseignant la pleine conscience de leur propre corps, ce corps que le Créateur a façonné avec une perfection intouchable. Apprenez-leur à dire non, à refuser les injonctions toxiques, et à balayer d’un revers de main ces exigences moyenâgeuses. La pureté réside dans la piété des cœurs et non dans la mutilation des corps.
« Réaliser que toucher à une femme, c’est toucher à toutes les mères, à toutes les tantes, à toutes les filles à toutes LES FEMMES à l’humanité entière. C’est cette douleur profonde et viscérale qui donne aujourd’hui tout son sens à la marque Les Coalisés et à ce combat mené sans compromis. »
Article rédigé pour Le Nappy Lab (Nappy Talks — Hors-série Partie 3) en collaboration avec la marque Les Coalisés.
