Lifestyle & Cheveux texturés: Le regard d’experte de Sonerana, trichologue à Marseille

40173

La peur du regard des autres, les carences invisibles liées à notre mode de vie, ou encore ce fameux réflexe de rentabiliser nos tissages et perruques au détriment de la santé de notre cuir chevelu : et si la pousse de nos cheveux texturés se jouait bien plus dans notre routine d’entretien que dans nos efforts pour cacher notre matière ? C’est le constat sans filtre que nous avons partagé avec Sonerana, ancienne coiffeuse devenue trichologue certifiée et consultante à Marseille, lors d’un échange passionnant pour Le Nappy Lab. Entre science, trichologie et psychologie, elle nous aide à déconstruire nos fausses croyances pour enfin réapprendre à aimer, purifier et soigner notre couronne.

tiktok 20260929 110638 0000

1. L’alopécie et la psychologie : Quand le mal-être dicte la santé capillaire

Discuter avec Sonerana, c’est d’abord déconstruire une idée reçue bien ancrée : au-delà des causes purement médicales, l’alopécie est très souvent le miroir d’un mal-être psychologique profond chez les clientes. Sur le terrain, elle rencontre régulièrement des femmes qui n’osent pas porter leurs cheveux naturels devant leur époux, ou qui ont du mal à s’accepter pour aller travailler, freinées par le regard des autres ou par la peur du jugement social.

article blog nappy lab banière 20260929 110030 0000

Le cheveu afro fait partie intégrante de notre identité, mais cette quête perpétuelle de définition des boucles — n’est-elle pas parfois héritée inconscient du réflexe du défrisant ou de la volonté d’assouplir et de domestiquer la matière ? Pour les femmes voilées, la question se pose différemment : l’afro-puff n’étant pas adapté au port du hijab, on se tourne naturellement vers des tresses ou des coiffures protectrices, mais cela exige une vigilance accrue à la maison pour laisser respirer le cuir chevelu.

2. Le facteur invisible : Carences et mode de vie (Le focus Vitamine D)

Aborder la trichologie avec Sonerana, c’est aussi pointer du doigt des carences invisibles mais redoutables, à commencer par la vitamine D. Pratiquement tout le monde en manque aujourd’hui, mais le phénomène prend une autre dimension lorsque l’on porte le voile ou que l’on s’expose peu à la lumière directe.

Comme j’ai pu le partager lors de notre échange, le fait de couvrir ses cheveux et son corps au quotidien, combiné à un manque d’ensoleillement direct, impacte directement la vitalité de la fibre capillaire. C’est un paramètre précieux que Sonerana prend désormais le temps de creuser avec ses patientes, car la santé de notre chevelure est le reflet direct de notre équilibre interne et de notre mode de vie.

Pensez également à surveiller vos réserves en fer : des règles abondantes ou qui se prolongent au-delà de sept jours peuvent provoquer des anémies insoupçonnées, un facteur clé souvent négligé dans la chute de cheveux (un sujet complet sera d’ailleurs consacré à cette question sur le blog).

3. Huiles, croissance et idées reçues sur l’espacement des shampoings

On entend souvent tout et son contraire sur l’entretien des cheveux texturés. Premier grand mythe à balayer : non, l’huile ne fait pas pousser le cheveu par magie. Son rôle est de nourrir, de protéger et de sceller l’hydratation. Pour stimuler réellement la croissance, la présence d’un agent actif spécifique est indispensable.

Autre réalité bien ancrée dans nos habitudes : le budget considérable que les femmes aux cheveux texturés investissent dans les cosmétiques capillaires, les tissages et les perruques. Par réflexe de rentabilisation — parce qu’un investissement de plusieurs centaines d’euros doit durer —, on a tendance à garder ces coiffures protectrices beaucoup trop longtemps. Pour se rassurer et légitimer cette pratique, un mythe s’est installé : celui selon lequel garder les coiffures protectrices (ses tresses, perruques, tissages, etc.) longtemps stimulerait la pousse.

Or, il n’en est rien. Sonerana nous met en garde contre la prolifération de la levure Malassezia, qui se nourrit de sébum. En n’espaçant pas assez les lavages et en gardant des coiffures sales trop longtemps, le cuir chevelu s’étouffe, s’assèche, et réagit en surproduisant du sébum, créant pellicules et engorgement. Le cheveu afro pousse comme n’importe quel autre, mais si les longueurs semblent stagner, c’est que tout se joue dans l’entretien : la croissance passe avant tout par un cuir chevelu sain. Sa règle d’or ? Un shampoing toutes les 1 semaine à 10 jours maximum.

4. Nuit, satin, soie et intimité : Le grand débat du soir

La protection nocturne est un autre sujet crucial. Entre le satin et la soie de Mûrier, le choix relève avant tout du budget et de la convenance personnelle, les deux protégeant efficacement la fibre des frictions. Pour les personnes (femmes ou hommes) qui portent un foulard, hijab, turban toute la journée, le conseil de l’experte est clair : laisser respirer le cuir chevelu à la maison en évitant de superposer les couches (pas de bonnet par-dessus un cheveu déjà étouffé) et privilégier, par exemple, une taie d’oreiller adaptée.

article blog nappy lab banière 20260929 110315 0000

Pourtant, cela soulève un vrai questionnement pratique et psychologique. À l’usage, on peut avoir l’impression que la taie maintient moins bien l’hydratation qu’un bonnet de nuit. Mais au-delà de la technique, le bonnet porté à outrance dans l’intimité du couple ne serait-il pas parfois une béquille psychologique ? Un moyen inconscient de se cacher, d’éviter d’affronter son propre reflet et le regard de l’autre sans artifice, sous prétexte de « conserver l’hydratation ». C’est toute une réflexion passionnante pour Atelier des Nappys : repenser nos accessoires pour qu’ils réconcilient enfin confort, santé du cheveu, séduction et acceptation de soi.

Article rédigé pour Le Nappy Lab en collaboration avec Sonerana, trichologue certifiée et ancienne coiffeuse à Marseille.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Panier